Happycratie : est-on obligé d’être heureux ?

Plusieurs manuels, coachings, blogs, et guides en développement personnel garantissent la force impertinente de cette « industrie » du bonheur ou l’happycratie. Un enchantement qui, maintenant, paraît transformer l’horizon extrême de notre existence. Mais comment être heureux et le rester ? Quelles résolutions prendre pour ce faire ? Mais surtout, somme-nous obligés d’être heureux ?

Somme-nous obligés d’être heureux ?

Avant tout, le bonheur dépend d’une activité psychologique sur soi et non de facteurs ou de circonstances extérieurs (une condition sociale et économique). Mener une vie de bonheur serait en somme, baser sur une décision de travailler constamment sur soi. En effet, en maintenant un regard positif sur le monde et, notamment, sur soi, tout un chacun devrait être capable de réaliser ce but existentiel. Cependant, le bonheur devrait être spontané et non imposé. Seul garant de son épanouissement, en s’imposant d’être heureux, l’individu risque de se culpabiliser de sa propre calamité s’il faillit dans sa quête de bonheur. Si la réussite personnelle et l’individualisme sont à la base du bonheur actuel, cette dictature du bonheur ou l’happycratie secourrait toutefois un plan néolibéral d’atomisation de la société.

Est-ce un devoir d’être heureux ?

La joie ne peut être le sujet d’une invalidation éthique car il est un mobile égoïste et une théorie utopique. Cependant, il serait facile de relever en principe cette hypothèse initiale en présentant en quoi le bonheur individuel est attaché à un bonheur collectif.  Ce bonheur relevant d’un engagement moral. Enfin, il s’agira d’anticiper cette option en prouvant que la recherche personnelle du bonheur relève d’abord d’un besoin éthique et d’un souci de soi. Être prospère ne peut être le concept ni d’un impératif social ni d’une obligation morale. Être heureux est bien un devoir, par contre en allant dès fois à l’encontre de sa propre nature. Mais alors, cette tâche n’échange pas aussi d’une règle d’action éthique que d’une revendication morale. Bref, être heureux, c’est un devoir de ne jamais céder à ses propres impulsions tout en regardant positivement toutes les circonstances de l’existence.

L’obligation d’être heureux est une vraie pression sociale

La pression sociale qui s’exerce sur l’individu en l’obligeant d’être constamment heureux ou l’ happycratie, favorise chez les individus souffrant de dépression, un accroissement des plaintes asthéniques. La dépression a aussi été dénoncée comme origine principale d’invalidité dans le monde. Plus un individu se contraint à être heureux, plus il favorise les effets contraires, à se produire.

En définitive, lorsqu’une personne n’arrive pas à être heureux, il se sentira marginalisé par rapport aux autres qui, eux, y arrivent selon lui et se refermera davantage sur lui-même.

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